Lorsque deux ou plusieurs entreprises fusionnent, les patrimoines sont mis en commun dans le seul but d’aboutir à une prise de contrôle ou à la formation d’une nouvelle structure. Cette restructuration d’entreprise induit des changements à presque tous les niveaux de l’organisation. Que faire pour réussir chacune de ces modifications ?

Analyser l’organisation pour une meilleure conduite du changement

L’organisation d’une entreprise repose sur ses collaborateurs. Le manager de transition désigné pour veiller au succès d’une restructuration d’entreprise devra ainsi s’imprégner du rôle de chaque salarié et de son importance dans chacune des structures concernées. Il doit aussi faire l’effort de comprendre les différents processus mis en place et identifier les travailleurs clés. Ce sont ces personnes sans qui les chaînes d’action n’aboutissent pas et qui sont aussi motivées par le programme de fusion. Une fois ces préalables réalisés, il faudra créer un climat de confiance entre les deux équipes. Les règles du jeu doivent être retravaillées et de nouvelles habitudes doivent être établies pour la nouvelle équipe.

Communiquer sur la fusion-acquisition

Dans un processus de fusion d’entreprises, les travailleurs redoutent souvent qu’on leur cache des informations. Pour que le management de transition aboutisse, vous ne devez pas lésiner sur la communication. Diffusez le plus d’informations possible et si vous faites partie du comité de direction, faites en sorte que les deux équipes soient au même niveau de renseignement. Si la tâche a été éventuellement confiée à un cabinet de conseil ou à un cabinet de management, vérifiez que cet aspect ne soit pas négligé. Dans le cas contraire, vous aurez à faire face à une perte de motivation de vos collaborateurs. Toutefois, il se pourrait que vous ne puissiez pas tenir les employés au courant de certains détails. Ils ne devront pas pour autant se sentir délaissés tout le long de la poursuite de la conduite du changement. Rassurez-les comme vous le pouvez, et soutenez-les en leur faisant comprendre qu’ils pourront s’appuyer sur vous en cas de besoin.

Bien choisir le type de fusion

Il existe quatre différents types de fusion et chacune d’elles possède ses caractéristiques propres :

  • la fusion-absorption ;
  • la fusion création ;
  • la fusion par l’apport de titres ;
  • la fusion par l’apport partiel d’actifs.

La fusion-absorption est la plus courante, le patrimoine de l’entreprise absorbée devient celui de l’entreprise absorbante. La fusion création consiste en la mise sur pied d’une toute nouvelle entreprise. La fusion par l’apport de titres est un échange qui favorise la prise de contrôle de la structure absorbante sur la structure absorbée. Enfin, avec une fusion par apport partiel d’actifs, les apports sont rémunérés par des parts de la société absorbante. Les paiements sont effectués par l’attribution de titres et d’actions même s’il s’agit de startups. Le choix du type de fusion doit être effectué sur la base des analyses qui se feront par le directeur financier.

Harmoniser les systèmes d’information

Harmoniser le système d’information global de la nouvelle entreprise va créer de la fluidité sur le plan des procédures et sur celui des outils informatiques. Ce volet doit d’ailleurs être considéré avant la signature même de l’accord. À ce niveau, c’est le système d’information le plus performant qui doit migrer vers l’autre. Le choix du système qui sera pris en compte devra être débattu en comité de direction. Tous les détails doivent être explicités pour que la société dont le système d’information n’est pas considéré ne se sente pas lésée. Une autre solution consiste à mettre de côté les deux systèmes d’information pour adopter une toute nouvelle nomenclature. Avec l’aide du directeur des ressources humaines de chaque société, une nouvelle base de données sera constituée et un nouveau cahier de charges sera rédigé. De nouveaux outils devront également intervenir dans le processus.

Avoir des garanties quant à la situation financière

Les fusions-acquisitions consomment énormément de ressources intellectuelles, morales et surtout, financières. Un effet de synergie doit être recherché et lorsqu’il est atteint, le budget alloué à ladite fusion est rentabilisé. Autrement dit, vous n’aurez pas à faire face à des situations de turn-over, de démotivation, de désorganisation ou de sous-productivité. Toutes choses qui conduisent inévitablement à un échec de la procédure lorsqu’elles existent. Les effets de cette restructuration d’entreprise devront ainsi être anticipés par le directeur administratif et financier. Le point concernera les tiers pour qui la date de la fusion correspond à la date à laquelle les différentes mentions sont révisées. Il portera aussi sur la situation des créanciers, car dans le cadre d’une société absorbée, les dettes sont transférées à la société absorbante. Sans bien évidemment oublier que la continuité des contrats dépend de leur nature. Quant aux salariés, la restructuration les affecte uniquement sur le plan collectif.