Les sociétés de taxis, comme d’autres secteurs de la trésorerie, sont particulièrement visées par les contrôles des autorités fiscales. Mais ce n’est pas tout : des audits de sécurité sociale ou même des poursuites pénales sont souvent envisageables. Dans sa décision du 6.4.2016, la Cour fédérale de justice (BGH) a dû se pencher sur le volet pénal du droit fiscal d’une estimation dans le secteur des taxis (réf. : 1 StR 523/15). Comme ces procédures pénales en matière fiscale ne sont pas rares, cet arrêt a une grande importance pratique et sera brièvement décrit ici.

Procédure pénale en matière fiscale

Une estimation des bases d’imposition est également autorisée dans le cadre d’une procédure pénale en matière fiscale. À cet égard, des exigences particulières s’appliquent toutefois à la question de savoir si et comment (c’est-à-dire le montant) de l’estimation. Le BGH résume ces exigences particulières comme suit dans sa décision du 6 avril 2016 :

Le juge pénal ne peut pas se contenter de reprendre une estimation du bureau des impôts, mais doit expliquer dans les motifs du jugement de manière compréhensible comment il est lui-même arrivé aux résultats de l’estimation. La cour d’appel doit avoir la possibilité de revoir l’estimation.

Il doit être convaincu de l’estimation fiscale de la FA s’il veut la reprendre. Par conséquent, la certitude, et non la simple probabilité, est nécessaire. En outre, il n’y a pas non plus d’allègement de la charge de la preuve si le contribuable n’a pas rempli ses obligations de coopération fiscale (comme les registres d’entrepreneur de taxi dans ce cas). Les surtaxes de sécurité pures dues à la violation des obligations de coopération sont donc inadmissibles.

Le « si » des revenus ne peut pas être estimé – selon la Cour fédérale de justice (BGH) correctement dans le présent arrêt – (cependant, à mon avis, cela s’applique également à la procédure d’imposition, contestée). Une estimation n’est donc autorisée que s’il a été prouvé que le contribuable a accompli un événement imposable (le « si » du type de revenu). Ce n’est qu’alors que l’on peut estimer le montant du montant imposable réalisé (le montant des revenus). Toutefois, l’impôt lui-même ne peut pas être estimé.

Le juge pénal doit choisir une méthode d’estimation qui soit réaliste. La méthode doit donc être adaptée aux circonstances opérationnelles et autres circonstances individuelles de l’affaire. Par exemple, la méthode de comparaison de séries chronologiques ne convient pas dans le secteur de la restauration si la structure de l’entreprise a changé de manière significative au cours de la période concernée.

L’estimation doit également tenir compte d’une éventuelle part des frais de fonctionnement au profit du défendeur, qui doit être estimée de manière compréhensible (voir décision BGH du 19 juillet 2007 – 5 StR 251/07, wistra 2007, 470).

Exécution de l’estimation

Dans le présent arrêt, la Cour fédérale de justice estime qu’il convient de déterminer le chiffre d’affaires des sociétés de taxis au moyen de la valeur « chiffre d’affaires au kilomètre » pour les voitures particulières dans le patrimoine de l’entreprise, étant donné que les dossiers individuels (par exemple les fiches de poste des chauffeurs de taxi) n’étaient pas disponibles. Le point de départ est ici le tarif de taxi par km qui varie localement en fonction des statuts de la ville. Le kilométrage des différents taxis peut être déterminé au moyen des documents suivants au début et à la fin de chaque année civile :

Les contrats de leasing (par exemple, les auditeurs sont également intéressés par les registres de reprise, car ceux-ci indiquent non seulement le kilométrage mais fournissent également des informations, par exemple sur l’utilisation ultérieure du véhicule) ;

Contrats de location de voitures, lecture de taximètres, contrats d’achat,

Certificats TÜV et ASU (le rapport de contrôle de l’inspection générale ainsi que le certificat de contrôle du test d’émission de gaz d’échappement doivent contenir le statut km),

Les factures de réparation et les données relatives aux visites au garage (les garages agréés des constructeurs automobiles enregistrent le kilométrage du véhicule lors des réparations ou des inspections).

En ce qui concerne le nombre de taxis utilisés, les inspecteurs s’adressent souvent au Bureau de la circulation routière (Verkehrsgewerbestelle). L’inspecteur peut y obtenir de nombreuses informations, telles que le nombre de véhicules effectivement utilisés, la durée de la licence, le kilométrage des contrôles et les rapports du TÜV.

Note

Le fiscaliste/conseiller fiscal agira déjà avec prévoyance pendant la procédure fiscale et gardera un œil sur la procédure pénale fiscale. Idéalement, une double compréhension est conseillée (fiscale et pénale). À cette fin, l’avocat fiscaliste (avocat de la défense en matière pénale) mènera des discussions dites hypothétiques avec les autorités, qui n’aboutiront à aucune détermination (admission matérielle du client). Dans les procédures pénales judiciaires, il convient également de noter que les accords juridiquement contraignants exigent que les exigences formelles du § 257c StPO soient respectées.

Comme il n’y a aucune garantie qu’un double accord sera conclu et qu’une procédure contentieuse (comme ultima ratio) doit toujours être prise en compte, tout aveu précoce de culpabilité doit être évité. Si un accord purement fiscal n’est conclu qu’avec le bureau des impôts, cet accord doit indiquer que les bases d’imposition convenues ne sont pas réputées avoir été accordées, mais servent uniquement de base pour accélérer la procédure. Il sera alors plus difficile pour le juge pénal de voir un aveu dans cette compréhension. Néanmoins, les bases d’imposition sont malheureusement parfois adoptées sans critique.